Le recouvrement bancaire : comprendre les démarches de votre banque et vos droits

Recevoir une lettre de relance, une mise en demeure ou être contacté par un service de recouvrement est souvent une source d'inquiétude. Beaucoup d'emprunteurs ont le sentiment qu'une procédure judiciaire est imminente ou qu'ils n'ont plus d'autre choix que de régler immédiatement les sommes réclamées.

En réalité, le recouvrement bancaire désigne l'ensemble des démarches entreprises par un établissement de crédit ou un organisme de financement afin d'obtenir le paiement d'une créance. Ces démarches peuvent prendre des formes très différentes et n'ont pas toutes la même portée juridique.

Dans un premier temps, le recouvrement est généralement amiable. L'établissement prêteur cherche à obtenir une régularisation de la situation par des relances, des échanges ou une mise en demeure. Ce n'est que dans certaines situations, lorsqu'aucune solution n'a pu être trouvée, que le différend peut évoluer vers une procédure judiciaire.

Cette distinction est essentielle. Le fait de recevoir une demande de paiement ne signifie pas nécessairement que le créancier dispose déjà d'un titre exécutoire ou qu'il peut immédiatement pratiquer une saisie sur vos biens ou vos comptes.

Le recouvrement est également encadré par plusieurs règles juridiques. En vertu de l'article 1103 du Code civil, les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont conclus. L'article 1104 du Code civil précise en outre que les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Ces principes gouvernent également les relations entre un établissement prêteur et son emprunteur pendant toute la durée du contrat, y compris lorsque des difficultés de remboursement apparaissent.

Comprendre le déroulement d'un recouvrement permet de mieux identifier les droits et obligations de chacun, d'éviter certaines idées reçues et d'adopter une réaction adaptée à la situation rencontrée.

Dans cette page, nous vous expliquons ce qu'est le recouvrement bancaire, comment il se déroule, quels sont vos droits pendant cette phase et dans quelles circonstances le litige peut évoluer vers une procédure judiciaire.

Si vous rencontrez des difficultés pour rembourser votre crédit ou si vous êtes inscrit au FICP, vous pouvez également consulter nos pages consacrées à Je n'arrive plus à payer mon crédit et au FICP et aux incidents de paiement, qui présentent les premières conséquences des impayés avant l'ouverture d'une phase de recouvrement.

Qu'est-ce que le recouvrement bancaire ?

Le recouvrement bancaire désigne l'ensemble des démarches entreprises par une banque ou un organisme de crédit afin d'obtenir le paiement d'une somme qu'il estime lui être due. Il intervient généralement lorsqu'un emprunteur ne respecte plus les échéances prévues par son contrat de crédit.

Ces démarches peuvent être amiables ou judiciaires.

Le recouvrement amiable consiste à rechercher le paiement de la créance sans saisir immédiatement un juge. Il peut prendre différentes formes : appels téléphoniques, courriers de relance, courriels, mise en demeure ou encore échanges destinés à rechercher une solution.

À l'inverse, le recouvrement judiciaire suppose l'intervention d'une juridiction ou l'existence d'un titre exécutoire permettant au créancier de recourir, dans certaines conditions, à des mesures d'exécution forcée.

Cette distinction est fondamentale. En effet, une banque qui vous adresse une relance ou une mise en demeure ne dispose pas nécessairement, à ce stade, du pouvoir de pratiquer une saisie sur votre compte bancaire ou sur vos biens. Les mesures d'exécution forcée sont régies par le Code des procédures civiles d'exécution, dont l'article L.111-2 rappelle qu'un créancier ne peut procéder à l'exécution forcée de sa créance que dans les conditions prévues par la loi.

Le recouvrement s'inscrit par ailleurs dans l'exécution du contrat de crédit. Conformément à l'article 1103 du Code civil, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont conclues, tandis que l'article 1104 impose qu'elles soient exécutées de bonne foi. Ces principes gouvernent aussi bien le comportement de l'emprunteur que celui de l'établissement prêteur lorsqu'un différend apparaît.

Comprendre cette distinction entre recouvrement amiable et recouvrement judiciaire est essentiel. Elle permet d'apprécier la portée réelle des démarches entreprises par le créancier et d'adopter une réaction adaptée à chaque étape du dossier.

Ce que cela implique pour vous

Recevoir une demande de paiement ne signifie pas que vous êtes déjà engagé dans une procédure judiciaire.

Avant de prendre une décision, il est utile de vous poser plusieurs questions :

  • s'agit-il d'une simple relance ou d'une mise en demeure ?

  • la créance réclamée correspond-elle au montant que vous estimez devoir ?

  • existe-t-il un désaccord sur le contrat de crédit ou sur son exécution ?

  • un juge est-il déjà intervenu ou êtes-vous encore dans une phase amiable ?

Ces éléments permettent d'identifier précisément la nature de la démarche engagée et d'éviter de confondre une demande de paiement avec une mesure d'exécution forcée.

Si vous avez reçu vos premières relances après des difficultés de remboursement, consultez également notre page : Je n'arrive plus à payer mon crédit

Le regard du cabinet

Le terme « recouvrement » est souvent utilisé de manière imprécise. Beaucoup d'emprunteurs pensent qu'il désigne une procédure unique, alors qu'il recouvre en réalité des situations très différentes.

Or, la stratégie à adopter dépend largement du stade auquel se trouve le dossier.

Une simple relance n'appelle pas la même réaction qu'une mise en demeure, qu'une assignation ou qu'une mesure d'exécution. Confondre ces étapes conduit parfois à négliger des démarches utiles ou, au contraire, à s'inquiéter inutilement.

La première question n'est donc pas « comment répondre ? », mais « à quelle étape du recouvrement suis-je réellement confronté ? ».

À retenir

  • Le recouvrement bancaire regroupe l'ensemble des démarches destinées à obtenir le paiement d'une créance.

  • Il convient de distinguer le recouvrement amiable du recouvrement judiciaire.

  • Une relance ou une mise en demeure ne permettent pas, à elles seules, de pratiquer une saisie.

  • Identifier le stade exact du recouvrement est indispensable pour comprendre vos droits et les suites possibles.

Le recouvrement bancaire suit généralement une progression. Les premières relances ne sont souvent que le début d'un processus qui peut évoluer si la situation n'est pas régularisée.

Nous allons maintenant voir comment se déroule généralement un recouvrement bancaire, depuis les premières relances jusqu'aux démarches susceptibles de précéder une procédure judiciaire.

Comment se déroule généralement un recouvrement bancaire ?

Le recouvrement bancaire ne suit pas nécessairement un calendrier identique dans tous les dossiers. Son déroulement dépend notamment de la nature du crédit, du nombre d’échéances impayées, des échanges déjà intervenus et de la réaction de l’établissement prêteur.

Lorsque les premiers impayés apparaissent, la banque ou l’organisme de crédit adresse généralement des relances amiables. Celles-ci peuvent prendre la forme d’un courrier, d’un courriel, d’un appel téléphonique, d’un SMS ou d’un message déposé dans l’espace client.

À ce stade, l’objectif du prêteur est principalement d’obtenir la régularisation des échéances en retard. L’emprunteur se trouve encore dans la continuité de la phase décrite sur notre page Je n’arrive plus à payer mon crédit : quelles solutions et quels recours ? : les difficultés existent, mais le dossier n’a pas nécessairement basculé dans un contentieux judiciaire.

Lorsque les impayés persistent, le ton et la portée des correspondances peuvent évoluer. L’établissement peut transmettre le dossier à son propre service contentieux ou confier les démarches à une société de recouvrement. L’intervention d’un tiers ne signifie cependant pas qu’une décision de justice a déjà été rendue ni qu’une saisie peut immédiatement être pratiquée.

Une mise en demeure peut ensuite être adressée à l’emprunteur. Elle formalise la demande de paiement et fixe généralement un délai pour régulariser la situation. Selon l’article 1344 du Code civil, le débiteur peut être mis en demeure de satisfaire à son obligation par une sommation ou par un acte portant interpellation suffisante.

La mise en demeure constitue donc une étape juridiquement importante, mais elle ne doit pas être confondue avec une assignation en justice ou un commandement précédant une mesure d’exécution. Elle peut encore ouvrir une période pendant laquelle le montant réclamé est vérifié, la dette discutée ou une solution amiable recherchée.

Lorsque la banque ne réclame plus seulement les échéances impayées, mais exige le remboursement immédiat de l’intégralité du capital restant dû, le dossier peut avoir évolué vers une [déchéance du terme]. Cette décision répond à des conditions propres et ne se confond pas avec les simples démarches de recouvrement amiable.

Si aucune solution n’aboutit, le créancier peut ensuite saisir une juridiction afin d’obtenir un titre exécutoire. Cette nouvelle phase sera développée sur la page [La banque me poursuit en justice : comment réagir ?]. Ce n’est qu’après l’obtention ou sur le fondement d’un titre exécutoire existant que des mesures telles qu’une saisie peuvent, sous certaines conditions, être engagées. Pour comprendre cette dernière étape, consultez également [Les saisies après un crédit impayé].

Ce que cela implique pour vous

La nature du document reçu permet souvent de comprendre à quel stade se trouve le dossier.

Une relance vous informe généralement de l’existence d’un retard. Une mise en demeure formalise une demande plus ferme et peut faire courir certains effets juridiques. Une assignation signifie qu’une procédure judiciaire est engagée. Un acte de saisie suppose, quant à lui, l’existence d’un fondement permettant une mesure d’exécution.

Il est donc utile de vérifier immédiatement :

  • l’identité de l’auteur du courrier ;

  • les références du crédit concerné ;

  • le détail des sommes réclamées ;

  • la date et le délai indiqués ;

  • la présence éventuelle d’une mention relative à la déchéance du terme ou à une procédure judiciaire ;

  • les coordonnées de l’interlocuteur chargé du dossier.

Si les démarches de recouvrement ont déjà entraîné une inscription auprès de la Banque de France, notre page FICP et incidents de paiement : comprendre le fichage et vos recours vous permet de distinguer les effets du fichage de ceux du recouvrement lui-même.

Le regard du cabinet

La progression apparente des courriers ne correspond pas toujours à la situation juridique réelle.

Un document peut adopter un ton particulièrement alarmant tout en relevant encore du recouvrement amiable. À l’inverse, un courrier d’apparence ordinaire peut contenir une mise en demeure, annoncer une déchéance du terme ou fixer un délai auquel il convient de prêter une attention particulière.

La présentation du courrier ne suffit donc pas. Ce sont son contenu, les sommes demandées, les actes déjà accomplis et les pouvoirs réels de son auteur qui déterminent sa portée.

Cette distinction est essentielle pour éviter de répondre de manière précipitée à une demande contestable, mais aussi pour ne pas laisser sans réaction un document qui marque une véritable évolution du dossier.

À retenir

  • Le recouvrement commence généralement par des relances amiables.

  • La transmission du dossier à une société de recouvrement ne signifie pas qu’une décision de justice existe.

  • La mise en demeure formalise la demande de paiement, mais n’autorise pas à elle seule une saisie.

  • La déchéance du terme, la procédure judiciaire et les saisies constituent des étapes distinctes.

  • Le contenu du document reçu est plus important que son intitulé ou son ton.

Même pendant une phase de recouvrement, le créancier ne peut pas employer n’importe quelle méthode ni présenter ses pouvoirs de manière trompeuse. L’emprunteur conserve le droit d’obtenir des informations précises, de vérifier les sommes demandées et de contester une créance lorsqu’il dispose de motifs sérieux.

Nous allons maintenant examiner les droits de l’emprunteur pendant le recouvrement et les limites qui s’imposent à la banque, à la société de recouvrement ou au commissaire de justice.

Quels sont vos droits pendant le recouvrement bancaire ?

Le fait qu'une banque ou un organisme de crédit engage des démarches de recouvrement ne prive pas l'emprunteur de ses droits. Bien au contraire, cette phase doit permettre à chacun de faire valoir sa position avant qu'un éventuel contentieux judiciaire ne soit engagé.

En premier lieu, vous êtes en droit de comprendre précisément l'origine de la somme qui vous est réclamée. Les montants figurant dans les relances ou les mises en demeure doivent pouvoir être rapprochés de votre contrat de crédit, des échéances impayées et, le cas échéant, des intérêts ou frais prévus par celui-ci.

Vous pouvez également contester la créance lorsque vous estimez qu'elle n'est pas fondée, qu'elle est partiellement erronée ou que son montant appelle des vérifications. Cette contestation peut porter sur l'existence même de la dette, sur son calcul, sur certaines pénalités ou encore sur les conditions dans lesquelles le contrat a été exécuté.

L'article 1353 du Code civil rappelle à cet égard un principe essentiel : celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver. Autrement dit, lorsqu'un établissement de crédit demande le paiement d'une somme, il doit être en mesure de justifier sa créance et son montant.

Cette phase est également l'occasion de constituer votre propre dossier. Contrat de crédit, tableau d'amortissement, relevés de compte, courriers échangés avec la banque ou justificatifs de paiement pourront devenir des pièces essentielles si le différend se poursuit.

Enfin, le recouvrement amiable n'interdit pas la recherche d'une solution négociée. Selon les circonstances, les échanges peuvent permettre de régulariser un incident ponctuel, d'obtenir un échéancier ou de résoudre un désaccord sur le montant effectivement dû.

Ce que cela implique pour vous

Le recouvrement n'est pas seulement une période durant laquelle la banque vous réclame de l'argent. C'est aussi le moment où vous pouvez identifier les points qui feront éventuellement l'objet du futur débat.

Avant de répondre à une demande de paiement, il est souvent utile de vérifier notamment :

  • si le montant réclamé correspond réellement aux sommes restant dues ;

  • si tous vos paiements ont bien été pris en compte ;

  • si des frais ou intérêts ont été ajoutés conformément au contrat ;

  • si vous disposez de documents susceptibles d'expliquer ou de contredire la position de la banque.

Lorsque le litige trouve son origine dans l'exécution du contrat de crédit (déblocage des fonds, calcul de la créance, déchéance du terme, responsabilité de la banque...), il peut être utile de consulter également nos pages consacrées aux obligations de la banque pendant toute la vie du crédit et à la [déchéance du terme], qui développent ces questions de manière spécifique.

Le regard du cabinet

En pratique, nous constatons que de nombreux dossiers se construisent... avant même qu'une procédure judiciaire ne soit engagée.

Les courriers échangés pendant la phase de recouvrement, les réponses apportées par la banque, les justificatifs produits ou, au contraire, les explications qu'elle est incapable de fournir constituent souvent des éléments déterminants pour apprécier la solidité de sa créance.

C'est pourquoi nous recommandons de considérer cette période non comme une simple succession de relances, mais comme une phase de préparation. Les informations obtenues à ce stade permettront parfois de résoudre le litige à l'amiable, et, dans d'autres cas, de mieux préparer la défense devant le juge.

À retenir

  • Vous pouvez demander des explications sur les sommes réclamées.

  • Une créance peut être discutée lorsqu'elle paraît inexacte ou insuffisamment justifiée.

  • Le créancier doit être en mesure de démontrer le bien-fondé de sa demande (article 1353 du Code civil).

  • Les échanges intervenus pendant le recouvrement peuvent avoir une importance déterminante si le dossier évolue vers un contentieux.

Lorsque les démarches amiables n'aboutissent pas, la banque peut décider de franchir une nouvelle étape. Selon la nature du crédit et le fondement juridique dont elle dispose, elle peut prononcer la déchéance du terme, saisir le juge ou engager des mesures d'exécution après l'obtention d'un titre exécutoire.

Nous allons maintenant voir dans quelles situations le recouvrement bascule vers une procédure judiciaire et quelles en sont les principales conséquences.

Quand le recouvrement devient-il judiciaire ?

Le recouvrement bancaire ne conduit pas systématiquement à une procédure devant les tribunaux. De nombreux dossiers trouvent une issue au cours de la phase amiable, par un règlement de la dette, un accord entre les parties ou l'abandon de certaines démarches.

En revanche, lorsqu'aucune solution n'est trouvée, le créancier peut décider de faire valoir ses droits devant une juridiction ou de mettre en œuvre un titre exécutoire dont il dispose déjà.

La procédure applicable dépend notamment de la nature du crédit et du fondement juridique invoqué.

Dans certains dossiers, l'établissement prêteur peut prononcer la déchéance du terme, c'est-à-dire exiger le remboursement immédiat du capital restant dû. Cette faculté est strictement encadrée et suppose le respect de plusieurs conditions. Nous examinons cette question en détail dans notre page [Déchéance du terme : dans quels cas la banque peut-elle exiger le remboursement immédiat de votre crédit ?].

Si le créancier ne dispose pas encore d'un titre lui permettant d'obtenir le paiement forcé de sa créance, il peut engager une procédure devant le juge afin de faire reconnaître ses droits. Selon les situations, il pourra s'agir d'une assignation, d'une requête en injonction de payer ou d'une autre procédure adaptée à la nature du litige.

À l'inverse, certains crédits, notamment lorsqu'ils résultent d'un acte notarié revêtu de la formule exécutoire, permettent déjà au prêteur de disposer d'un titre exécutoire. Dans cette hypothèse, il peut, sous réserve du respect des règles applicables, engager directement certaines mesures d'exécution sans avoir à obtenir une nouvelle décision de justice.

L'article L.111-3 du Code des procédures civiles d'exécution énumère les différents titres exécutoires permettant de poursuivre l'exécution forcée d'une obligation.

Il est donc essentiel de distinguer trois situations très différentes :

  • le simple recouvrement amiable ;

  • la procédure judiciaire destinée à obtenir un titre exécutoire ;

  • l'exécution forcée fondée sur un titre exécutoire déjà existant.

Ces étapes obéissent à des règles propres et ouvrent des droits de contestation différents.

Ce que cela implique pour vous

Le fait de recevoir un courrier menaçant une action en justice ne signifie pas nécessairement qu'une procédure est déjà engagée.

Avant de réagir, il est utile d'identifier :

  • si la banque vous informe d'une future action ou si elle vous a déjà fait délivrer un acte de procédure ;

  • si votre contrat de crédit constitue déjà un titre exécutoire, comme c'est souvent le cas pour certains prêts immobiliers reçus par un notaire ;

  • si une déchéance du terme a été prononcée et dans quelles conditions.

Ces éléments permettront de déterminer les recours ouverts et les délais à respecter.

Si vous avez déjà reçu une assignation ou un autre acte judiciaire, vous pouvez consulter notre page [La banque me poursuit en justice : comment réagir ?].

Si des mesures d'exécution ont déjà été engagées, notre page [Les saisies après un crédit impayé] vous explique les différentes procédures et les contestations envisageables.

Le regard du cabinet

L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à croire que toutes les banques doivent obligatoirement saisir un tribunal avant de pouvoir agir.

En réalité, tout dépend de l'existence ou non d'un titre exécutoire.

Cette distinction est fondamentale, car elle conditionne la stratégie de défense. Lorsqu'un titre exécutoire existe déjà, les débats porteront souvent sur les conditions de son exécution ou sur le montant de la créance. À l'inverse, lorsqu'aucun titre n'existe encore, le créancier devra convaincre le juge du bien-fondé de sa demande avant de pouvoir recourir à l'exécution forcée.

Identifier cette différence dès le début du dossier permet d'orienter plus efficacement les démarches à entreprendre.

À retenir

  • Le recouvrement amiable ne débouche pas systématiquement sur une procédure judiciaire.

  • La déchéance du terme constitue une étape distincte, soumise à des conditions spécifiques.

  • Selon les situations, la banque peut devoir saisir le juge ou disposer déjà d'un titre exécutoire.

  • La stratégie de défense dépend largement de cette distinction.

Même lorsqu'une procédure judiciaire est engagée ou qu'un titre exécutoire existe, cela ne signifie pas que toute contestation est impossible. Des recours peuvent subsister selon la nature du litige, les actes accomplis et les délais applicables.

Avant de conclure, voyons quelles réactions adopter lorsqu'une banque ou un organisme de crédit vous réclame le paiement d'une créance et comment éviter les erreurs les plus fréquentes.

Comment réagir face à une demande de paiement de votre banque ?

Recevoir une demande de paiement ne signifie pas qu'il existe une réponse unique. La stratégie à adopter dépend de nombreux éléments : la nature du crédit, le montant réclamé, les actes déjà accomplis, l'existence éventuelle d'un titre exécutoire ou encore les raisons qui expliquent les difficultés de remboursement.

La première étape consiste à identifier précisément le document reçu. Une simple relance, une mise en demeure, une notification de déchéance du terme, une assignation ou un acte de saisie n'ont ni la même portée juridique ni les mêmes conséquences. Agir sans avoir identifié la nature de la démarche peut conduire à adopter une réponse inadaptée.

Il est également essentiel de vérifier la créance réclamée. Les sommes demandées doivent pouvoir être expliquées et justifiées. Il convient notamment de contrôler le capital restant dû, les échéances impayées, les intérêts, les frais éventuellement appliqués ainsi que les paiements déjà effectués.

Lorsque vous estimez que la banque commet une erreur ou que certaines sommes sont contestables, il est préférable de formaliser votre position par écrit et de conserver l'ensemble des échanges. Une contestation argumentée permettra souvent de clarifier le différend et constituera, si nécessaire, un élément utile pour la suite de la procédure.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que le recouvrement n'est qu'une étape dans la vie d'un dossier bancaire. Selon les circonstances, une solution amiable peut encore être trouvée. À défaut, le litige pourra évoluer vers une procédure judiciaire, dans laquelle les démarches accomplies pendant cette phase conserveront toute leur importance.

Ce que cela implique pour vous

Avant de répondre à une demande de paiement, posez-vous systématiquement les bonnes questions :

  • Quel est le document que j'ai reçu ?

  • Qui en est l'auteur ?

  • Le montant réclamé est-il correctement justifié ?

  • Suis-je encore dans une phase amiable ou une procédure judiciaire est-elle déjà engagée ?

  • Existe-t-il des éléments permettant de contester tout ou partie de la créance ?

Les réponses à ces questions orienteront les démarches à entreprendre.

Selon votre situation, vous pouvez approfondir les sujets suivants :

  • Je n'arrive plus à payer mon crédit si vos difficultés sont récentes ;

  • FICP et incidents de paiement si vous avez été inscrit au fichier de la Banque de France ;

  • [Déchéance du terme] si la banque exige le remboursement immédiat de votre crédit ;

  • [La banque me poursuit en justice] si vous avez reçu une assignation ou une injonction de payer ;

  • [Les saisies après un crédit impayé] si une mesure d'exécution a déjà été engagée.

Le regard du cabinet

Dans notre pratique, les dossiers les plus difficiles ne sont pas nécessairement ceux où la dette est la plus importante.

Ils sont souvent ceux dans lesquels les différentes étapes se sont enchaînées sans que l'emprunteur ne comprenne réellement ce qui était en train de se passer. Une relance est ignorée, une mise en demeure est mal interprétée, une déchéance du terme n'est pas contestée, puis une procédure judiciaire s'engage alors que les possibilités d'action se sont progressivement réduites.

À l'inverse, lorsqu'un dossier est analysé dès les premières démarches de recouvrement, il est généralement plus facile d'identifier les enjeux, de préserver les éléments de preuve et d'adopter une stratégie cohérente, qu'il s'agisse de rechercher un accord ou de préparer une contestation devant le juge.

À retenir

  • Chaque demande de paiement doit être analysée avant d'être ignorée ou acceptée.

  • La nature du document reçu détermine les droits dont vous disposez.

  • Vérifier le montant de la créance est une étape essentielle.

  • Les échanges intervenus pendant le recouvrement peuvent avoir une influence déterminante sur la suite du dossier.

  • Le recouvrement constitue souvent le point de départ d'un parcours contentieux qu'il convient d'aborder avec méthode.

Le recouvrement bancaire soulève de nombreuses interrogations pratiques : peut-on ignorer une société de recouvrement ? Une banque peut-elle saisir un compte sans décision de justice ? Faut-il répondre à une mise en demeure ?

Nous répondons ci-dessous aux questions les plus fréquemment posées par les emprunteurs confrontés à une procédure de recouvrement.

Foire aux questions - Recouvrement bancaire

Conclusion

Le recouvrement bancaire est souvent perçu comme le début d'une procédure inévitable. En réalité, il ne s'agit que d'une phase de la relation entre l'établissement de crédit et son emprunteur, dont les conséquences varient selon les démarches entreprises par la banque et les droits dont dispose le débiteur.

Une relance, une mise en demeure, une demande de paiement ou l'intervention d'une société de recouvrement ne produisent pas les mêmes effets juridiques. Comprendre à quelle étape se situe votre dossier est essentiel pour adopter une réaction adaptée, préserver vos droits et éviter que la situation ne se dégrade.

Le recouvrement peut parfois aboutir à une régularisation amiable. Dans d'autres situations, il constitue le prélude à une déchéance du terme, à une procédure judiciaire ou à des mesures d'exécution forcée. Chacune de ces étapes répond à des règles spécifiques et peut ouvrir des possibilités de contestation qu'il convient d'apprécier au regard de votre dossier.

Si vous souhaitez approfondir une situation particulière, nous vous invitons également à consulter nos guides consacrés :

  • Je n'arrive plus à payer mon crédit, pour comprendre les premières conséquences des impayés ;

  • FICP et incidents de paiement, si vous avez été inscrit au fichier de la Banque de France ;

  • [Déchéance du terme], lorsque la banque exige le remboursement immédiat de votre crédit ;

  • [La banque me poursuit en justice], si une procédure judiciaire est engagée ;

  • [Les saisies après un crédit impayé], si une mesure d'exécution est envisagée ou déjà en cours.

Chaque dossier présente toutefois ses propres particularités. Une même demande de paiement peut soulever des questions relatives au contrat de crédit, au calcul de la créance, au respect des obligations de la banque ou encore à la régularité de la procédure mise en œuvre.

Vous êtes confronté à une procédure de recouvrement bancaire ?

Le cabinet Camille Cohen Avocat accompagne les particuliers confrontés à un litige avec leur banque ou leur organisme de crédit, qu'il s'agisse d'une simple phase de recouvrement amiable ou d'une procédure judiciaire déjà engagée.

Une analyse du dossier permet notamment de :

  • identifier le stade exact de la procédure ;

  • vérifier le fondement et le montant des sommes réclamées ;

  • apprécier la régularité des démarches entreprises par le créancier ;

  • déterminer les recours et la stratégie les plus adaptés à votre situation.

Vous avez reçu une relance, une mise en demeure ou une demande de paiement ? N'attendez pas que le dossier évolue sans avoir identifié les enjeux juridiques de votre situation. Le cabinet peut vous accompagner pour analyser votre dossier et définir la réponse la plus adaptée.